Harcèlement scolaire : un enfant sur six concerné dès le primaire, que faire ?

Introduction :
Le harcèlement entre enfants n’est pas un phénomène réservé aux collèges ou lycées. Dès l’école élémentaire, 16,4 % des enfants sont victimes probables de harcèlement, tandis que 17,9 % présentent des comportements agressifs, selon une enquête récente de Santé publique France. Pire : 6,1 % cumulent les deux situations — à la fois victimes et auteurs de violences. Ces chiffres, issus de l’enquête Enabee publiée en janvier 2026, rappellent l’urgence d’agir dès le plus jeune âge pour protéger la santé mentale des élèves et créer un climat scolaire bienveillant [1,2,3].

Des chiffres alarmants, des conséquences durables

L’enquête Enabee, menée auprès de 8 000 enfants de 6 à 11 ans, révèle que :

  • Les filles sont plus souvent victimes de harcèlement, tandis que les garçons adoptent plus fréquemment des comportements agressifs.
  • Les enfants en situation de vulnérabilité (troubles des apprentissages, prématurité, surpoids, ou issus de milieux sociaux défavorisés) sont surreprésentés parmi les victimes et les auteurs.
  • L’agressivité peut être un mécanisme de défense contre une détresse émotionnelle, soulignant l’importance d’un accompagnement adapté [1,2,3].

Ces situations ont des répercussions immédiates (anxiété, isolement, troubles du comportement) et à long terme (dépression, décrochage scolaire, pensées suicidaires). Le harcèlement est donc un enjeu majeur de santé publique, nécessitant des réponses précoces et structurées [1,3].

Prévenir et agir : des pistes concrètes

Santé publique France et le ministère de l’Éducation nationale insistent sur plusieurs leviers :

  1. Renforcer les compétences psychosociales (empathie, gestion des émotions, résolution non violente des conflits) dès la maternelle et l’élémentaire.
  2. Former les enseignants et les personnels à la détection précoce des situations à risque.
  3. Impliquer les familles dans la sensibilisation et la prévention, en tenant compte des inégalités sociales [1,4].
  4. Créer des environnements scolaires protecteurs, en favorisant la coopération et l’inclusion.

Des outils existent, comme les programmes de développement des compétences psychosociales (CPS) ou les référents harcèlement dans chaque département. Le gouvernement a également renforcé son plan d’action, avec un baromètre annuel pour suivre l’évolution du phénomène [4].

Conclusion : Agir ensemble pour un climat scolaire apaisé

Le harcèlement à l’école primaire n’est pas une fatalité. En combinant prévention, éducation et réduction des inégalités, il est possible de limiter son impact et de protéger la santé mentale des enfants. Chaque acteur — enseignants, parents, élèves — a un rôle à jouer pour faire de l’école un lieu d’épanouissement et de respect.

Ressources utiles :

6 novembre – journée nationale de lutte contre le harcèlement

Une étude récente de la Caisse d’Épargne et de l’Association e-Enfance/3018 révèle que 37 % des jeunes de 6 à 18 ans sont victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement. Un chiffre alarmant qui appelle à une mobilisation collective.

Le harcèlement, un fléau dès la maternelle

L’étude montre que 35 % des enfants en primaire sont concernés, avec des conséquences graves : perte de confiance, angoisses, voire pensées suicidaires (25 % des victimes). 71 % des cas ont lieu à l’école, souvent pour des motifs comme la jalousie ou les différences physiques.

Le numérique, amplificateur de souffrance

Avec 65 % des enfants de primaire sur les réseaux sociaux (malgré l’interdiction avant 13 ans), le cyberharcèlement touche 18 % des 6-18 ans, notamment via WhatsApp (41 % des cas). Les filles sont particulièrement vulnérables : 39 % d’entre elles ont déjà envisagé de se faire du mal.

Agir ensemble : parents, enseignants, élèves

  • Sensibiliser : Expliquer aux enfants les dangers du numérique et les encourager à parler.
  • Former les témoins : 28 % des élèves assistent à des situations de harcèlement. Les outiller pour réagir est crucial.
  • Utiliser les ressources existantes : Le 3018, numéro d’urgence contre le cyberharcèlement, reste méconnu de 7 jeunes sur 10.
  • Accompagner psychologiquement : 72 % des parents souhaitent un soutien psychologique intégré à l’assurance scolaire.

Des solutions concrètes

  • À l’école : Ateliers de prévention, signalement systématique des cas.
  • À la maison : Dialoguer avec son enfant, surveiller son usage des écrans.
  • Sur les réseaux : Exiger une modération renforcée et une interdiction pour les moins de 15 ans (soutenue par 75 % des parents).

Ressources utiles

« La souffrance des jeunes victimes ne peut plus être ignorée. Agissons ensemble pour les protéger. » — Justine Atlan, directrice générale de l’Association e-Enfance/3018.