L’intelligence artificielle, et notamment des outils comme ChatGPT, transforme profondément les pratiques éducatives. Si elle offre des opportunités inédites pour personnaliser l’apprentissage, elle pose aussi un défi majeur : les devoirs faits par l’IA, et non avec l’IA. Une étude récente sur 26 000 élèves chinois révèle un paradoxe inquiétant : les notes des devoirs à la maison augmentent de 18 %, mais les résultats aux examens sur table chutent de 20 % [1][2]. Pourquoi ? Parce que l’IA, utilisée comme une « machine à faire les devoirs », ne permet pas aux élèves d’acquérir les compétences de réflexion critique et de résolution de problèmes, essentielles pour leur réussite scolaire et future [3].
1. Le piège : des devoirs parfaits… mais des lacunes réelles
Les enseignants observent une perfection suspecte dans les copies rendues : sans faute d’orthographe, avec une syntaxe irréprochable. Pourtant, derrière cette apparente maîtrise se cache souvent une compréhension superficielle. Par exemple, un professeur a inséré une instruction invisible (en blanc sur fond blanc) dans un énoncé. Résultat : 32 copies sur 35 mentionnaient le mot « Madagascar », trahissant l’utilisation de ChatGPT, qui lit les instructions cachées [4][5].
Pire, certains élèves avouent ne même plus lire les réponses générées par l’IA, se contentant de les copier-coller. Conséquence : une baisse des compétences dès qu’il s’agit de restituer les connaissances sans aide numérique [2][6].
2. Comment transformer l’IA en levier pédagogique ?
Plutôt que de diaboliser ces outils, Franck Ramus et l’académie de Paris proposent d’encadrer leur usage :
- Former les élèves à utiliser l’IA comme un assistant (pour générer des idées, résumer un texte) et non comme un remplaçant (pour rédiger à leur place).
- Privilégier les évaluations en classe (sans IA) pour vérifier la compréhension profonde.
- Créer des devoirs « anti-IA » : des sujets nécessitant une réflexion personnelle (ex. : « Décris ton ressenti après la lecture de ce texte ») ou des travaux manuels (maquettes, expériences).
- Utiliser des pièges pédagogiques : comme des instructions cachées ou des questions nécessitant une expérience vécue (ex. : « Décris une sortie scolaire que tu as faite ») [1][4].
3. Témoignages et solutions concrètes
Fanny, professeure de maths : « Je donne moins de devoirs maison. En classe, je privilégie les exercices où l’IA ne peut pas aider, comme les problèmes concrets avec manipulation d’objets. »
Un collège de Lyon : Après avoir constaté que 50 % des élèves utilisaient ChatGPT, les enseignants ont supprimé les rédactions à la maison au profit de travaux oraux ou de débats en classe [7].
L’académie de Paris a publié des guides pratiques pour aider les enseignants à intégrer l’IA de manière éthique, en insistant sur l’apprentissage de l’autonomie [1].
Conclusion
L’IA n’est pas une menace, mais un miroir de nos pratiques pédagogiques. Son usage doit être réfléchi, encadré et formateur. Comme le souligne Franck Ramus, « l’enjeu n’est pas d’interdire, mais d’apprendre aux élèves à utiliser ces outils pour développer leurs compétences, et non pour les remplacer ».
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« Je suis en mesure de fournir des informations précises sur les différents codes de loi et je peux rédiger des documents en lien avec la loi. Cependant, je ne suis pas spécialisé dans un domaine particulier de la loi, je couvre l’ensemble des domaines juridiques de la législation française », indique lui-même
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